Komárom

Cette ville frontière entre la Hongrie et la Slovaquie était une importante place forte de la Pannonie. Des trois forteresses construites au temps des Habsbourg, l’une est classée monument historique : sur près de 100 km² , la forteresse Monostri abrite 4 km de galeries souterraines et les souvenirs des guerres passées jusqu’à son occupation par les troupes de l’Armée rouge..

Györ

À mi-chemin entre Vienne et Budapest, au confluent du Danube et de deux rivières, « la ville des eaux » bénéficie d’une situation qui en fit de tous temps le centre d’une grande activité intellectuelle et commerciale. En 1743, elle fut déclarée ville royale par l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche et l’ancien quartier médiéval devint ainsi entouré, comme protégé par une enceinte de belles maisons et d’ élégants bâtiments de style baroque.
La chapelle gothique de la cathédrale présente, parmi ses nombreux trésors liturgiques , le reliquaire figurant le portrait en buste de Saint Ladislas, roi de Hongrie. Cette pièce unique est considérée comme un chef-d’œuvre absolu de l’orfèvrerie médiévale.
À quelques kilomètres de là, l’impressionnante église de Lébény du début 13e S. est un des monuments romans les plus importants et les plus beaux et de Hongrie.

Pannonhalma

Inscrite au Patrimoine mondial par l’Unesco, l’abbaye bénédictine de Pannonhalma est située au sommet d’une colline dominant la Petite Plaine. Épargnée par les Turcs grâce à son orientation vers la Mecque, l’église est le plus ancien édifice religieux du pays. Si l’actuel monastère est de style baroque, l’église et la crypte, tout comme la « porte Spéciosa »,sont de purs joyaux de l’architecture romane et gothique.
L’abbaye, fut fondée en 996 par le prince Géza, père du futur 1er roi chrétien hongrois confirmé par le pape, Étienne 1er, et canonisé sous le nom de Saint Étienne. C’est alors la toute première institution religieuse de la nouvelle patrie.

Les moines venus de Venise et de Bohème, outre leur mission de conversion du peuple magyare, eurent un rôle décisif dans l’enseignement de nouvelles méthodes d’agriculture. L’actuelle bibliothèque est des plus riches et compte dans ses archives des documents inestimables comme la lettre de privilège remise au cloître en 1001 et l’acte de fondation daté de 1055 de l’Abbaye de Tihany installé dans des grottes aménagées sur le lac Balaton.


Sopron


Environnée de collines qui font partie d’un parc national protégé, l’une des merveilles de Hongrie est aussi la ville qui a le mieux préservé un patrimoine artistique et historique presque aussi riche que celui de Budapest. La proximité de Vienne a joué un rôle qui lui valut d’être épargnée lors des destructions commises au temps des Mongols et pendant l’occupation ottomane. Mais c’est aussi l’effort des citoyens amoureux de leur ville qui lui a valu d’obtenir le Prix Europe pour la protection des monuments.
Ville déclarée libre au moyen-âge, habitée par une riche bourgeoisie, adoptée plus tard par de grandes familles comme les Eszterházy et les Széchenyi, elle est depuis toujours le centre culturel et économique de la Hongrie de l’ouest.
Ses 115 monuments classés, ses rues étroites qui vous font remonter le temps entre des alignements de maisons de style baroque, renaissance et gothique, la convivialité de ses restaurants, cafés et boutiques assaillies par les voisins autrichiens, qui viennent aussi pour ses instituts dentaires réputés, tout cela compose un décor et un lieu vie unique au monde.
La Tour de feu, emblème de la ville, est aussi un témoin de l’histoire hongroise : sur ses fondations datant de l’époque romaine, se superposent crânement les styles roman, Renaissance et baroque. Dans « l’église de la Chèvre » construite au 13e S. et dont la tour est considérée comme le plus bel exemple de clocher gothique en Hongrie, de nombreux rois furent couronnés. Il faudrait aussi citer la beauté de la Grand-Place, Fö tér, faut le dire, dont chaque maison est un morceau d’histoire, la pharmacie médiévale Engel, le musée d’archéologie de la maison Fabritius, la vieille synagogue fondée en 1370…
Sopron est aussi chère au cœur de tous les hongrois qui l’appellent « la ville de la fidélité » en hommage au référendum de ses citoyens qui refusèrent, en 1921, d’être intégrés à l’Autriche comme le stipulait le traité de Trianon.


Le parc national
de Fertö-Hanság


Peu profond le lac Fertö, dont la partie hongroise représente une superficie de 82km² offre ses rivages aux estivants amateurs de baignade, de nautisme (mais les canots à moteur sont interdits), de pêche, de patinage en hiver ou tout simplement de nature.
Trente espèces de poissons différentes y séjournent et des milliers oiseaux ont trouvé ici dans les marais avoisinants un refuge ou une étape lors de leurs migrations. À Balf, un établissement thermal s’est établi à la place même des anciens thermes romains, réputés depuis l’an 180 pour leur richesse en sulfates. Le parc lui-même étend sur plus de 20 000 hectares des paysages d’une sauvage beauté.


Fertöd

Le château du domaine de Eszterháza est un lieu magique tant par sa magnificence que par les souvenirs qu’il évoque. Cet immense palais de 126 pièces fut Le café Gerbeaud
construit, et son parc dessiné à la française, selon les vœux du Prince Miklós Eszterházy, dit le « magnifique », pour égaler le prestige du Château des Habsbourg à Schönbrunn, même si aujourd’hui on l’appelle « le Versailles hongrois ».
Site classé, c’est en effet le plus majestueux château de Hongrie. Les meilleurs architectes de l’époque ont contribué à sa réalisation, ainsi que les décorateurs les plus en vue et l’intérieur que l’on peut visiter répond par l’exubérance de sa splendeur baroque à l’élégance des bâtiments. Des fêtes et des réceptions fastueuses furent données dans ses salons. Si Franz Liszt, l’enfant du pays, donna à 19 ans son premier récital à Sopron, le nom de Joseph Haydn est attaché, lui à ce lieu où, de 1761 à 1790, il fut maître de musique de l’orchestre entretenu par le Prince. Le Festival Haydn : de nombreux concerts et opéras y perpétuent aujourd’hui le souvenir de ce passé brillant.

Nagycenk

Cette petite commune, présente deux centres d’intérêts aussi passionnants l’un que l’autre : de superbes écuries d’un haras d’élevage d’étalons et un Musée du chemin de fer, qui est l’occasion de conserver et de faire circuler de vieilles locomotives du 19e S.
Mais la célébrité du lieu est surtout due à l’imposant et sobre manoir-château qui s’y tient. Ce fut le lieu de résidence d’une famille illustre d’aristocrates hongrois, les Széchenyi.. En contrepoint de la futilité des Eszterhaázy proches des Habsbourg , le sérieux et le sens de la nation fut une constante chez ces démocrates convaincus. Ferenc Széchenyi est connu pour avoir fondé le Musée national de Budapest. Son fils, Istvan, lui, entreprit de moderniser son pays et y consacra une partie de sa fortune personnelle. Il distribua des terres de son domaine aux paysans, contribuant ainsi à l’abolition du servage. Il lança les grands travaux d’aménagement et d’assèchement des zones inondables de la Tisza ce qui favorisa l’essor de l’agriculture et de l’élevage. Il fit construire le premier « pont solide » reliant, dès 1849, Buda à Pest ( le pont des Chaînes porte aussi son nom), assura l’avenir du lac Balaton en y créant le premier transport par bateau à vapeur, exemple bientôt suivi sur le Danube. Le premier chemin de fer hongrois lui doit aussi l’existence. Aussi ne faut-il pas s’étonner que cet homme, bien qu’un très court laps de temps ministre au premier gouvernement indépendant de 1848, avec Kossuth, soit cité par ses compatriotes comme étant « le plus grand des Hongrois ».

Köszeg

Cette ancienne place frontière a pu garder au-delà des guerres le charme médiéval de son centre-ville. Le château construit au 14e S., agrandi par la suite, apparaît aujourd’hui tel qu’il était au 17e S. Il abrite le musée Miklós Jurisics du nom du capitaine qui y inscrivit une glorieuse page d’histoire. Lui et 800 hommes résistèrent contre quelque 75 000 soldats de l’armée de Soliman le Magnifique qui durent abandonner le siège et leur progression sur Vienne, le 30 août 1532. Leur retraite commença à 11 heures précises. Depuis cette date, chaque jour, les cloches de la ville sonnent à 11 h pour commémorer cet exploit héroïque.

Szombathely

Fondée en 43 av. J.-C., sur la Route de l’Ambre rejoignant la mer Baltique, l’antique Savaria compte de nombreux vestiges datant de l’empire romain dont des tronçons conservés de cette voie. La ville riche en monuments romans et gothiques a vu se construire de nombreux édifices dans les styles baroque et néoclassique à partir du 18e S., après avoir été élevée au rang de siège épiscopal sous les Habsbourg. Centre de commerce aujourd’hui très fréquenté, la cité n’oublie pas qu’elle est le lieu de naissance en 316 d’un centurion romain devenu célèbre pour avoir christianisé l’Ouest de la Gaule et connu sous le nom de Saint Martin, évêque de Tours.

Des stations thermales
réputées: Bük et Sárvár


C’est en forant pour trouver du pétrole qu’on a pu découvrir à Bük, dans les années 60, la source thermale la plus abondante d’Europe, au point qu’elle a permis de créer un petit lac, une piscine couverte et de nombreux établissements accueillant des touristes du monde entier. Certains d’entre eux profitent de l’excellence des soins dentaires, spécialité hongroise, d’autres apprécient de trouver à proximité le plus beau terrain de golf du pays.


La station thermales de Sárvár est la plus récente de Hongrie. Ses eaux dépassent les 80° et leurs bienfaits remplacent avantageusement les bains que prenaient en son château, dit-on, « la princesse vampire ». Ceux-ci étaient faits du sang de jeunes vierges qu’elle sacrifiait pour conserver à sa carnation l’éclat de la jeunesse… Ce que l’on espère n’être qu’une sinistre légende habite les murs du château et fait presque oublier que ce fut surtout un haut lieu de la Renaissance : les premiers ouvrages en hongrois, dont la Bible, ont été imprimés ici.