 |
| Szigetvár
On ne peut qu’être sensible
à l’émotion qui se dégage de la masse
rectangulaire du château fort dont l’origine
remonte au 14e S.
Ses murs sont les témoins d’un tragique fait d’arme,
évoqué encore par les vestiges de
la mosquée construite dans se remparts et relaté dans
le musée qui s’y tient. Le
commandant Miklós Zrinyi et les 2500 Hongrois et
Croates, sous ses ordres, tinrent tête 33 jours aux 100 000
soldats de Soliman le Magnifique et en tuèrent 25 000 avant
de périr eux-mêmes.
L’église paroissiale catholique au
cœur de la ville, bien que reconstruite en style baroque, garde
encore de nombreux souvenirs du temps où elle avait servi
de mosquée à l’occupant turque.
Szenna
Autour de maisons anciennes
et d’une église réformée,
tout un petit village a été recréé avec
sa vie traditionnelle de tous les jours : c’est un musée
en plein air, vivant à l’heure d’autrefois,
l’un des plus beaux de Hongrie. Le visiter est presque indispensable
si l’on veut mieux comprendre la culture populaire et l’âme
de la région.
Pécs
La cinquième ville de Hongrie, par le nombre d’habitants,
Pecs est considérée par beaucoup comme l’une
des plus séduisantes.
À l’abri des collines Mecsek couvertes de vignobles,
d’amandiers et de figuiers, sur la route du commerce
entre les pays d’orient et d’occident, elle a gardé
la trace de tous les peuples qui ont cédé à
la tentation de s’y arrêter.
L’empereur Hadrien en a fait la capitale
de la province romaine de la Pannonie.
À partir du 4e S., les premiers chrétiens vivaient
leur foi souterraine en décorant les murs de catacombes
que l’on peut encore visiter au cœur de la ville. Leur
succédèrent les bâtisseurs de chapelles et c’est
dans « Cinq-Églises », comme les Francs et les
Moraves avaient baptisé la ville, qu’en 1009 le roi
Étienne 1er vint créer un diocèse. La première
université hongroise y fut fondée en 1367.
Les Turcs, devenus les maîtres après la défaite
de l’armée hongroise à Mohacs en 1526, préférèrent
Pécs à Buda pour en faire le centre spirituel de leur
nouvelle colonie.
Après la reconquête des Habsbourg,
quelques vestiges épargnés gardent l’empreinte
de l’islam. Le plus important est la mosquée
du pacha Kassim Ghany. Bien qu’aménagée
aujourd’hui en tant qu’église paroissiale, la
croix catholique, par exemple, surmontant le croissant de sa coupole,
« la plus grande mosquée de l’Europe »
a conservé tout son pouvoir d’évocation. L’impression
est encore renforcée par sa disposition oblique sur la place
qui l’entoure, rappelant son orientation vers la Mecque. La
mosquée du pacha Hassan Jakovali, a gardé son minaret
intact à ses côtés et se signale comme étant
la mieux conservée du pays.
Sur la très belle place Dóm tér,
l’impressionnante cathédrale à quatre
tours est appelée par les habitants leur «
basilique Saint-Pierre ». Au lieu de la démolir, les
Turcs l’utilisèrent en partie comme mosquée,
en partie comme dépôt d’armes et elle est restée
l’une des plus belles réussites de l’art roman
en Hongrie. En contrebas de la place, le mausolée
paléochrétien révèle une chambre
funéraire souterraine ornée de fresques, datant du
4e S. et évoquant les catacombes romaines des premiers chrétiens. |
|
 |
|
Le musée Zsolnay est situé dans l’un
des bâtiments de style gothique les plus anciens de la ville.
Il raconte l’évolution de la célèbre
manufacture de céramique, créée à
Pecs en 1853 et dont les carreaux de faïence, notamment, ont
été utilisés pour décorer le
fronton de la Grande Poste de la cité, et, à
travers tout le pays, la façade d’un grand nombre de
bâtiments réalisés dans le style 1900
Le Théâtre National est certainement le plus
bel exemple de ce style baroque dont se parent le plus
grand nombre des édifices de la ville, avec la joie manifeste,
encouragée par les Habsbourg, d’effacer le souvenir
des 150 ans de domination turque.
Aujourd’hui, Pécs est un centre universitaire et culturel
animé. Pour beaucoup c’est la ville où il fait
bon flâner et vivre, avec le sentiment de se trouver au cœur
des influences occidentales, orientales et méridionales de
l’Europe.

Mohács
À l’extrémité sud de la Hongrie, son
nom évoque pour tous les Hongrois la catastrophique
bataille où leur armée fut décimée en
1526, soumettant ainsi leur pays à une occupation
qui allait durer un siècle et demi. Une stèle et un
musée commémorent l’événement
que, par ailleurs, la parade des Busó tente
d’exorciser : ce carnaval qui attire de nombreux visiteurs
met en scène dans un vacarme étourdissant de crécelles
et de chaînes agitées, des participants déguisés,
aux masques terrifiants, ceux-là mêmes que portaient
les ancêtres Busó - dit la légende -, pour faire
fuir l’hiver et… effrayer l’envahisseur turc.
Villány-Siklós: la
route du vin
Les vignobles des collines Mecsek qui longent
la frontière au sud de Pécs sont célèbres
pour leurs cépages, comme le Cabernet franc, l’Oporto
bleu, le Merlot qui donnent des vins de plus en plus appréciés
partout dans le monde. Le Riesling italien donne leur caractère
particulier aux excellents vins blancs dont Siklós
s’est fait la spécialité.
La tradition viticole, largement initiée par les colons allemands,
« les Souabes du Danube, est fortement enracinée ici
depuis des générations et les petits villages ont
gardé leur aspect ancien et pittoresque. Le folklore se vit
au quotidien dans les habitudes, dans les vêtements et la
cuisine locale.
Le château de Siklós du 13e S. partage
la vedette, dans cette petite ville, avec la mosquée
de Malkocs Bej, récompensée par le prix Europe
pour la qualité de sa reconstitution.
Au Musée du vin de Villány, la visite
se double d’une dégustation qui fait mieux apprécier
encore le sens de l’hospitalité des habitants de la
région.
L’eau et
ses bienfaits
La tradition des bains est très forte
dans la partie méridionale comme dans toute la Hongrie.
Harkány au sud de Pécs, doit à ses
eaux dépassant les 60° et à ses boues médicinales
une notoriété qui attire de nombreux curistes.
Les établissements thermaux de Szigetvárr,
de Babocsa et de Siklós sont aussi très réputés.
Pratiquer ses loisirs préférés est également
très indiqué pour la santé et les amateurs
de pêche, de baignades, d’excursions en canot,
de sensations fortes en bateaux à moteur ont partout
les plus beaux cours d’eau ou les lacs à leur disposition.
Certaines villes comme Paks et Mohács sont équipées
de ports de plaisance.
|
|

|