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Les
monts Cserhát et Mátra
À côté des monts Böszörny
dont les sommets ne dépassent pas 1000 m, mais que des
versants abrupts sur la boucle du Danube rendent impressionnants, les
monts Cserhát , beaucoup moins élevés, forment une
région vallonnée de massifs forestiers et de vallées
fertiles. Ce sont les monts Mátra qui détiennent le record
d’altitude en Hongrie avec le Keékestetö qui
culmine à une hauteur de 1014 m. Près de la tour
des Télécommunications, qui offre une vue panoramique
étendue sur la Grande Plaine, des pistes de ski
sont un pôle d’attraction et à Parádfürdö
se tient une très ancienne et célèbre station thermale.
Sur les versants abrités des vents du nord, les vignobles
de Mátra, produisent des vins blancs très appréciés.
Dans les vallées fertiles, le Moyen Age vit encore très
proche. L’abbaye cistercienne de Pásztó
fut fondée en 1190 et la beauté des églises gothiques
illumine les petits villages comme ceux de Mátraszöllös
et de Mátraverebély. À Taranszentmária
se trouve dans l’une d’elles, la crypte la plus ancienne du
pays et à Tar on peut admirer un sanctuaire du
12e S. .
Mais le charme des beaux édifices et des riches maisons baroques
est omniprésent dans les villes que ce soit à Aszód,
à Hatvan, à Szécsény ou à Balassagyarmat
.
Dans cette dernière, se tient le musée de l’Artisanat
palóc dont la visite est indispensable si l’on veut
comprendre l’originalité et les traditions de la région.
Car les Hongrois qui vivent dans les collines
de Cserhát appartiennent en grande partie à une ethnie
particulière, attachée à son folklore et à
une langue différente de celle des Magyars : les Palóc.
Se sont-ils installés avant l’arrivée de ces derniers
? Sont-ils d’origine slave ? Nul ne le sait exactement, mais ce
que tout le monde peut admirer, avec certitude, c’est le style coloré
de leurs vêtements traditionnels et la richesse de leur artisanat,
des poteries peintes ainsi que de magnifiques objets en bois sculptés
et décorés.
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Hollókó
Au pied d’un vieux château fort en ruine, ce village-musée
réunit 450 habitants qui sont comme les conservateurs d’un
site que l’Unesco s’est empressé d’inscrire au
patrimoine Mondial. Il n’y a là qu’une cinquantaine
de petites maisons de pisé, blanchies à la chaux, au toit
de chaume, avec pour caractéristiques d’être surélevées
sur des socles de pierre et parées de belles vérandas en
bois sculpté.
Mais l’ensemble offre le spectacle unique d’une
structure médiévale où le temps semble s’être
arrêté jusque dans les intérieurs meublés
et décorés comme autrefois. Au centre du village la petite
église dresse son clocher de bois sombre contrastant avec la blancheur
du bâtiment. Les habitants, pour la plupart des Palócs,
mais aussi des Matyó, d’origine slovaque, revêtus
le dimanche et les jours fériés de leurs costumes folkloriques
colorés, insolites et raffinés, renforcent l’illusion
de vivre dans le passé.
Aggtelek
À l’intérieur du parc
national d’Aggtelek les grottes karstiques sont inscrites au patrimoine
Mondial de l’Unesco. Creusées au cours des millénaires
par les eaux d’infiltration elles forment le réseau souterrain
de ce type le plus important d’Europe.
Leurs ramifications qui s’étendent sur 22 km, et
se prolongent au-delà de la frontière, en Slovaquie, dévoilent
un univers fantastique de gorges, de puits et de salles immenses entourées
de balcons formés de gigantesques stalactites et de stalagmites.
La plus vaste des 712 grottes dénombrées est longue
de 25 km et le plus grand stalactite du monde, l’Observatoire, y
dresse ses 25 m de haut…
Le parc lui-même offre un cadre de toute beauté à
ce décor extravagant, avec au milieu des forêts, des lacs,
des ruisseaux, des rochers à la blancheur éclatante et sculptés
par le temps comme pour ajouter au romantisme des lieux.
Eger
La ville à laquelle le
Nord-Est doit sa plus grande notoriété est adossée
à une colline entre les monts Mátra et Bükk. Elle renferme
des monuments historiques et de splendides bâtiments construits
dans les styles prisés aux 18e et 19e S., et dont la tonalité
générale lui a valu d’être désignée
comme « la perle baroque ». On s’y
promène dans des rues étroites qui elles-mêmes débouchent
sur des places cernées de belles maisons anciennes et d’opulents
hôtels particuliers apparus après le départ des Turcs
en 1686.
De ces derniers ne subsistent que les vestiges de quelques
bains visibles dans le quartier des établissements thermaux
et, demeuré étonnamment intact, le minaret.
Du haut de ses 35 m, si l’on a le courage de monter ses 93 marches,
on peut profiter d’une vue magnifique sur la ville et ses environs.
Mais le souvenir le plus évident laissé par les Turcs est
l’ancienne forteresse médiévale qui
domine la ville. Sous ses murs, en 1552, les 100 000 soldats de
Soliman le Magnifique furent mis en déroute par les quelque
2 000 hommes et femmes défendant la place sous le commandement
d’István Dobó, le héros de
la ville. Cette résistance homérique, racontée dans
le roman de Géza Gárdonyi, « Les Étoiles d’Eger
», est devenu symbolique du sentiment patriotique hongrois. Les
Turcs ne l’emportèrent qu’en 1596.
Aujourd’hui de nombreux festivals animent la ville
qui leur offre le décor de ses monuments prestigieux.
Le palais épiscopal rappelle que la cité est pour assurer
la conversion des Magyars au début du 11e S.
La Basilique néo-classique impressionne par ses
dimensions qui en font le plus grand bâtiment religieux de Hongrie
après la cathédrale d’Esztergom.
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Le Liceum et observatoire Spekula possède
une bibliothèque dont les manuscrits, les
éditions rares et les 130 000 volumes la désignent
comme l’une des plus importantes du pays. Son architecture
et ses immenses salles décorées font de ce bâtiment
l’exemple parfait du style rococo en Hongrie, tout comme les
portails du palais du Prévôt Mineur, récompensés
d’une médaille d’or à l’Exposition
universelle de Paris en 1900. L’Eglise des Minorités,
avec ses coupoles ornées d’éblouissantes fresques
et ses hauts clochers à bulbes est à ce point admirée
que beaucoup la considèrent comme « le plus
magnifique édifice baroque du monde ».
Ville d’art, ville souvenir, ville
thermale aussi, Eger n’oublie pas cependant qu’elle
est au centre d’une région viticole importante.
Ses nombreuses caves et tavernes sont comme autant d’invitations
à goûter les grands vins qui font partie de sa réputation.
Les plus connus sont le « Sang de taureau »
appellation due à sa robe d’un rouge presque noir et
un vin blanc dont la douceur le fait appeler «Fillette
d’Eger », nom qui est, sans aucun doute, une
marque d’affection.
Szilvásvárad
La Hongrie est connue pour
être l’une des grandes patries de l’élevage
de chevaux et chaque région possède ses haras. Ceux
de Szilvásvárad sont particulièrement célèbres
dans le monde pour ses étalons lipizzans..
Ce nom leur vient du village Lipizza près de Trieste dont
ils sont originaires et qui autrefois était intégré
dans l’empire austro-hongrois. Les pâturages du
Bükk permettent de les élever en liberté
dans les conditions idéales.
Les passionnés d’équitation - et les autres-
bénéficient aussi dans les environs d’un cadre
préservé et de sentiers forestiers qui les mènent
aux spectaculaires chutes d’eau de Fátyol
et sur la trace des hommes préhistoriques dans les
grottes d’Istállóskö.
Tokaj
| Accroché
à une colline qui se prolonge, au-delà de la Tisza,
dans la Grande Plaine, Tokaj est un tout petit bourg surmonté
d’une forêt de pins et d’acacias. |
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Son nom est
pourtant connu du monde entier. La raison en est le vin produit
par ses vignobles et ceux de la région de Tokaji-Hegyalja
: le Tokaji. Cette appellation connaît une renommée
désormais inséparable de la définition
qu’en a donné le roi Louis XIV: « vin de
roi et roi des vins ».
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Ce qui n’empêche pas tout un
chacun de l’apprécier, avec modération, comme
le firent, dit-on, Goethe, Schubert et Liszt…
Le caractère particulier de son bouquet est en partie le
fruit d’un sol volcanique de nature argileuse associé
à un microclimat où les étés et les
automnes profitent d’un ensoleillement exceptionnel.
L‘autre composante de son élaboration repose sur des
vendanges tardives destinées à favoriser l’apparition
d’une pourriture noble qui va faire se concentrer le sucre
dans les grains touchés par elle.
Ces derniers sont choisis pour entrer dans la composition du «
tokaij aszu » et lui donner sa douceur et son parfum
incomparables. Les grains non touchés, quant à eux,
sont utilisés pour produire des vins secs et non moins excellents
: le Tokaji Furmint et le tokaji hárslevelü.
Mais c’est le savoir-faire des vignerons utilisant des méthodes
de vinification dont l’origine remonte au 17e S. et leur respect
d’une grande tradition qui assurent la réputation plusieurs
fois séculaire d’un vin noble entre tous.
Sárospatak
Ancien foyer intellectuel du calvinisme, centre culturel actuel
de la région Tokaji-Hegyalja, cette ville
possède un grand établissement thermal
au milieu d’un parc. Mais sa célébrité
lui vient surtout du château des Rákóczi.
Avec sa forteresse, l’une des mieux conservées du pays
et sa « Tour Rouge », vaste bâtiment de cinq étages
aux salles décorées de magnifiques sculptures, cet
ensemble architectural est considéré comme un véritable
chef-d’œuvre intégrant harmonieusement des éléments
d’art gothique, Renaissance et baroque. Les Rakóczi
s’y installèrent en 1616.
Les Rákóczi
Cette famille de voïvodes, ou princes, de Transylvanie
a laissé une trace profonde dans l’histoire de la Hongrie.
Sigismond Rákóczi,
le premier membre de la lignée, s’était illustré
en soutenant István Bocskai
et les libertés de la noblesse hongroise contre l’empereur
en 1604.
Après lui, György 1er défendit
avec succès les protestants hongrois révoltés
contre Ferdinand III de Habsbourg et obtint la liberté religieuse
pour toute la Hongrie. Son petit-fils, Ferenc 1er,
ayant échoué dans ses complots contre l’Autriche,
c’est sa veuve puis son fils, Ferenc II,
qui entrent en lutte ouverte et prennent la tête du mouvement
de révolte des paysans en 1703.
« La marche de Rákóczi », adaptée
plus tard par Liszt était l’hymne de cette insurrection
nationale. Aidé par Louis XIV, Rákóczi l’emporta
un premier temps, se faisant élire prince de Transylvanie,
duc des Hongrois confédérés et fit proclamer
l’indépendance du pays en 1705.
Mais en 1708 la France, pour des raisons économiques et aussi
par crainte d’un éventuel rapprochement de la Hongrie
avec la Russie, suspendit son appui financier.
Les troupes habsbourgeoises, mirent fin à la guerre
d’indépendance en 1711 et Rákóczi
dut s’exiler définitivement. Cependant, les
lois promulguées par l’Autriche en 1714-1715 pour garantir
l’autonomie constitutionnelle de la Hongrie et rétablir
les anciens privilèges de la noblesse prouvent que les Habsbourg
ont compris qu’ils devaient limiter leurs prétentions
en Hongrie : les 8 années de lutte pour l’indépendance
n’auront pas été totalement menées en
vain. |
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