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| Culture
et traditions
Le génie
hongrois
L’aspect le plus connu de la culture hongroise est
peut-être la qualité architecturale des monuments
qui participent de la beauté des villes. Si de la
civilisation romaine, puis magyare des premiers rois ne subsistent
que de précieux vestiges, et si l’on ne peut admirer,
restés en bon état de conservation, que de rares monuments
d’art gothique ou début Renaissance, comme la
chapelle Bakócz de la cathédrale d’Esztergom,
ou encore quelques souvenirs de l’occupation turque
(mosquée à Pécs, bains Rudas et Király
à Budapest), ces témoignages d’un riche
passé artistique ont influencé les réalisations
des époques plus récentes.
Sous la tutelle de l’Autriche, au 18e S., la profusion et
l’ampleur des bâtiments de style baroque, dont le meilleur
exemple est peut-être le palais Esterházy à
Fertõd, s’explique par la détermination
à tourner la page et reconstruire sur les ruines laissées
par les Turcs. Au 19e S., illustré, par le Bastion
des Pêcheurs et le spectaculaire Parlement à Budapest,
le néo-classicisme prend la relève et se teinte de
romantisme en devenant éclectisme. Avec des chefs-d’œuvre
comme le Musée des Arts Appliqués à
Budapest ou l’hôtel de ville de Kecskemét,
les années 1900 voient l’apparition d’un style
original, l’art Sécession, version typiquement hongroise
de l’Art nouveau européen.
L’influence du génie hongrois dans le domaine
de la musique classique n’est un mystère pour
personne. Longtemps assimilée au style baroque et brillant
de la musique de cour, du fait notamment de la présence en
Hongrie de Joseph Haydn, maître de chapelle du prince
Esterházy pendant 30 années, l’expression
musicale du tempérament hongrois s’est acquis une notoriété
internationale au 19e S., à l’heure du romantisme,
avec Ferenc Liszt (1811-1886) et Ferenc Erkel (1810-1893),
plus connu aujourd’hui pour ses œuvres lyriques et l’hymne
national hongrois composé en 1844. Aujourd’hui, leur
pays ayant enfin échappé aux totalitarismes qui ont
suivi les guerres mondiales, les jeunes compositeurs puisent leur
inspiration auprès des maîtres de renommée internationale
que sont Béla Bartók (1881-1945)
et Zoltán Kodály (1882-1967), dont
la méthode d’enseignement de l’art choral fait
autorité dans le monde entier. Parmi leurs élèves,
Antal Doráti (1906-1988), a été
directeur des Ballets Russes, et chef d’orchestre des grandes
formations de Londres et de New York, alors que le nom d’Eugène
Ormandy (1899-1985) est lié à celui de l’Orchestre
de Philadelphie.
La peinture hongroise s’est manifestée
au Moyen Âge dans le cadre de la vie religieuse, traduisant
dans des œuvres où se retrouvent, souvent associées
les influences de l’Orient et de l’Occident un mysticisme
profond. De magnifiques exemples de cet art religieux, le plus souvent
anonyme, sont ainsi conservés au Musée Chrétien
d’Esztergom. |
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La
domination ottomane a empêché la Hongrie de participer
à l’effervescence des arts plastiques sous la Renaissance
et il faut attendre le 19e S. pour que des paysagistes et des portraitistes
apparaissent en Hongrie faisant preuve d’un grand talent,
tel Károly Markó l’Ancien (1791-1860)
qui inspira les générations suivantes dont l’une
des figures les plus marquantes est Pál Szinyei-Merse
(1845-1920), exposé à la Galerie Nationale de Budapest.
Cependant, même si des artistes comme Victor Vasarely,
maître de l’Op-Art, et László
Moholy-Nagy qui participa à la fondation du Bauhaus,
ont pu atteindre à la notoriété internationale,
les peintres contemporains sont à découvrir.
La photographie est brillamment
représentée par des artistes comme Brassaï
(1909-1984), Robert Capa (1913-1954) et
André Kertész.
Le cinéma est un art
où les Hongrois placent depuis longtemps leurs artistes sur
la scène internationale : Michael Curtiz (Kertész,
de son vrai nom) a réalisé des chefs-d’œuvre
aux États-Unis, comme l’inoubliable « Casablanca
» et il n’est pas utile d’insister sur la notoriété
de King Vidor, de George Cukor
et de comédiens comme Tony Curtis ou Béla
Lugosi que Dracula a rendu célèbre. Les nouveaux
maîtres du 7e art n’ont plus besoin de s’exiler
pour rencontrer les éloges de la critique internationale.
Parmi les nombreux réalisateurs souvent primés dans
les festivals, il suffit de citer entre autres grands artistes Miklós
Jancsó et István Szabó
pour prendre la mesure de la vitalité du cinéma hongrois.
Moins connues du grand public, la
poésie et la littérature hongroise, pourtant
riches de talents, ont souffert trop longtemps d’un certain
isolement, dû à la langue, d’une part, et aux
événements politiques, d’autre part. Mais si
l’on veut vraiment connaître ce qui constitue l’âme
du génie hongrois, mieux vaut se familiariser avec ses écrivains,
de plus en plus traduit dans toutes les langues. Sans remonter trop
loin dans le temps, lire quelques poèmes de János
Arany (1817-1882), de Sándor Petõfi
(1823-1849), de Attila József (1905-1937)
ou de János Pilinszky (1921-1981) - pour
ne citer que les auteurs les plus connus -, peut vous mettre au
diapason d’un univers lyrique et héroïque cher
aux Hongrois. Comme ces derniers, les romanciers du 20e S. ont beaucoup
lutté dans leurs écrits pour l’indépendance
de leur pays et dénoncé les travers de la société
hongroise. Certains ont émigré pour fuir la «
terreur blanche » de l’entre-deux guerres, comme Arthur
Koestler (1905-1983) qui dira à ce propos : «
Je ne pense pas qu’il y ait eu une émigration de savants
et d’artistes d’une telle ampleur depuis la chute de
Byzance ». D’autres on souffert de la censure sous le
régime communiste, comme Tibor Déry
(1896-1977) et István Örkény (1912-1979).
Parmi les auteurs contemporains citons György Konrád
( né en 1933), Péter Esterházy
(né en 1950) et Péter Nádas
(né en 1942).
Culture Littérature
Imre Kertész devient le premier écrivain hongrois à recevoir le Prix Nobel de Littérature à Stockholm le 10 décembre 2002.
Il n'était sans doute pas très connu du grand public avant d’être récompensé.
Né à Budapest le 9 novembre, il est déporté à l'âge de quinze ans vers le camp de concentration d'Auschwitz et, plus tard, transféré vers Buchenwald où il sera libéré finalement. Les horreurs vécues dans ces camps ne le quitteront jamais.
Après la publication de "Sorstalanság" (traduit depuis sous le titre "Etre sans destin") passé inaperçu à sa sortie en 1975, il se lance dans la traduction. La plupart de ses livres sont basés sur sa propre expérience des camps de concentration même si "Sorstalanság" n’est pas écrit dans un style autobiographique.
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