La région de Haute-Tisza

Située en grande partie à la frontière de l’Ukraine, sur la rive droite de la Tisza alors que celle-ci remonte vers le nord et, côté ouest, par la Kraszna, l’une des trois rivières locales, cette région, est prodigue en surprises.
Elle est parsemée de petits villages pittoresques, de vergers aux fruits particulièrement savoureux, de réserves naturelles peuplées d’oiseaux et d’espèces animales protégées. Elle recèle aussi de vrais trésors architecturaux. À Csaroda, l’église réformée de style roman est demeurée pratiquement intacte, tout comme celle de Takos, construite en 1766, célèbre pour ses panneaux de bois peints et la simplicité des matériaux utilisés : le bois, l’osier et l’argile. À Turistvandi, c’est le moulin à eau construit au 18e S. sur pilotis qui crée la surprise et à Szatmarcseke, le cimetière, qui présente un alignement mystérieux de plusieurs centaines de stèles en forme de bateaux…Ailleurs c’est un campanile en bois richement décoré ou le vieux château fort de Kisvarda qui, chaque année, accueille le très couru festival des minorités hongroises vivant hors de Hongrie…


Le parc national
de Hortobáagy


Classé Patrimoine mondial, cet immense territoire de 80 000 ha, est en effet unique. Il donne toute sa signification au mot « puszta » qui veut aussi bien dire désertique, abandonné, que regroupement de fermes isolées, vaste plaine… A perte de vue, les maigres pâturages de terre saline, les marais et les étangs qui se ramifient en ruisseaux poissonneux servent de décor à une faune et une flore protégée.. Les cavaliers en costume traditionnel font des démonstrations de dressage et cavalcadent parmi les troupeaux de chevaux en liberté. Des races de bétail sont ici sauvegardées, le grand bœuf gris qui fait plutôt penser à l’aurochs, le mouton raczka qui était en voie de disparition, ainsi que des espèces d’oiseaux rares.
On peut y déguster d’inoubliables goulaches au paprika et des soupes de poissons tout frais pêchés, servis dans une authentique « csáarda », auberge encore hantée par le souvenir des bandits de grand chemin. On peut aussi, une fois passé l’étonnant pont de pierres de Hortobágy , se laisser surprendre par des mirages de chaleur et se prendre à rêver d’infini, devant un horizon à peine troublé par la silhouette fantomatique d’un ancien puits à bascule.

Le Hajdusag

À l’est de Hortobagy, s’étend le territoire des Hajdu, les Haidouks, dont la particularité est d’avoir réussi à garder leur indépendance vis-à-vis des grands propriétaires fonciers.
Au début des années 1600, en remerciement de leur aide dans sa guerre contre les Habsbourg, le prince de Transylvanie, Istvan Bocskai a distribué des terres à ces paysans. L’église fortifiée de Hajdunanas, l’iconostase de la cathédrale catholique grecque de Hajdurog, font partie des merveilles dont peut s’enorgueillir l’Association qui réunit 11 villes hajdu. Le centre de cure et de loisirs nautique de Hajduszboszlo est quant à lui réputé dans le monde entier. L’eau qui jaillit des profondeurs à 73° contient prés de 20 minéraux.



Debrecen


À l’extrémité est du pays, la deuxième ville de Hongrie, la « Rome calviniste », a bénéficié de sa situation de ville près de la frontière roumaine. Ville-marché en contact avec l’Empire ottoman, elle put éviter la destruction, puis garder son autonomie religieuse malgré la Contre-Réforme menée par les Habsbourg. La Grande Eglise réformée (Nagytemplom) en témoigne. Construite en style néo-classique, entre 1814 et 1821, elle est aussi le temple protestant le plus important du pays et le lieu souvenir de la déclaration d’indépendance lue par Kossuth en 1849. Le Collège (Református Teológiai Akadémia)



fondé au 16e S. abrite la deuxième bibliothèque du pays avec plus d’un demi million de volumes, dont de nombreux manuscrits et incunables précieux .
Debrecen est aussi une ville de loisirs. Dans les Bois Nagyerdo, les bains thermaux bénéficient d’une assistance médicale unique dans toute l’Europe et voisinent avec le parc zoologique, ainsi qu’une plage très appréciée. De nombreux festivals et animations ajoutent à l’éclat d’une cité dont le magnétisme dépasse les frontières.



Le Jaszag


La région de Jaszsag, à l’ouest de la Moyenne-Tisza est la partie de la Plaine du Nord qui se rapproche le plus près de Budapest. C’est, le territoire des iazyges, d’origine iranienne qui s’y installèrent au 13e S.. Jaszbereny, dont le musée évoque leurs traditions et où se trouve le fameux « cor de Lehel » du nom du chef de tribu magyare auquel il avait appartenu au 10e S., est une ville très appréciée des touristes. Outre ses bains thermaux et ses monuments historiques, son festival de musique et de danse folklorique attire de nombreux visiteurs. Les amateurs d’équitation qui sont toujours les bienvenus dans la Grande Plaine d Hongrie, ne manquent pas de visiter à Szenttamas le haras d’étalons que les pur-sang du comte Imre Almassy a rendu célèbre.

Plus au sud, Szolnok, tire profit de sa situation sur la Tisza. Ses bains thermaux, ses plages qui s’offrent aux sports nautiques ajoutent à la séduction d’une vie culturelle intense. Le cadre que composent les nombreux monuments de style baroque, classique et éclectique procure un total dépaysement dans le passé.

Les monticules coumans

Partie centrale, de la grande plaine, le Nagykunsag est la terre des Kun ou Coumans, nomades recueillis par le roi Bela IV au 13e S.. Convertis au christianisme, ils ont fondé leurs villes ici. Les monticules qui portent leur nom, sont de mystérieuses constructions humaines en forme de cônes cylindriques de 20 à 25 de diamètre et haut de 5 à 10m : tumulus ? lieux de sépulture ? leur secret évoque celui des menhirs préhistoriques.
Mais leurs silhouettes qui étonnent dans cet horizon de plaines ne parvient à faire oublier l’animation de Mezotur, ville qui réunit les plaisirs du bain, ceux des loisirs nautiques et des soirées folkloriques.



Les régions du Nyirseg
et de Nagyecsed


Sur la rive gauche de la Haute-Tisza, non loin de Sosto, dont la forêt de chênes centenaires abrite un établissement de bains avec lac et piscines thermales aux eaux chaudes, Nyiregyhaza apparaît comme le centre d’une contrée vouée à l’agriculture. Saccagée au moment des guerres contre les Mongols, la région a retrouvé son essor au 19e S., grâce à la mise en valeur des terres autrefois marécageuses. Les villages environnants, le plus souvent épargnés au moment de l’invasion turque sont restés fidèles aux traditions médiévales. Ils possèdent le charme de l’authenticité et sont autant d’étapes pour des randonnées en pleine nature - ici, l’équitation est reine- ou pour la découverte des richesses de la région. L’un des plus beaux exemples de style gothique hongrois est l’église réformée de Nyirbator, célèbre aussi pour l’autel de la Passion de l’église catholique, joyau merveilleusement ouvragé et daté de 1730. La grande iconostase de 15m de haut, pur chef-d’œuvre vénéré dans le monde entier, et l’image de la madone noire pleurant, bien que l’original ait été transporté à Vienne, attirent pèlerins et amateurs d’art du monde entier dans la splendide église grecque orthodoxe de Mariapocs. Pour un retour à la nature, rien ne semble plus indiqué que la visite du parc protégé du château de Tiszavasvari.