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| Le
bassin méridional
du Danube hongrois
Des premiers hameaux de pêcheurs,
situés à quelques kilomètres de Budapest, jusqu’à
la frontière sud, le fleuve traverse des territoires qui
reflètent les aspects variés de la puszta. Aux pâturages
où paissent les grands troupeaux de bœufs gris succèdent
les vignobles de Solt et de Dávod, les forêts de zone
de crue de l’île Veranka, les belles plages du lac Szelidi…
L’éventail des possibilités touristiques répond
à cette diversité : les promenades à cheval,
la pêche, la chasse, les plaisirs du bain ou le bienfait d’une
cure thermale trouvent ici un cadre stimulant.
La présence d’un riche patrimoine culturel y contribue.
A Kalocsa, l’actuelle et très belle
basilique baroque que l’on peut admirer a été
édifiée sur l’emplacement de celle que fit construire
Saint Étienne, roi fondateur de l’État hongrois
: les fouilles ont permis de doter la « Maison des
Trésors » du palais archiépiscopal
de quantité d’objets liturgiques précieux et
vieux de plus de 8 siècles, ajoutant au prestige d’une
bibliothèque particulièrement riche en manuscrits
et incunables des plus rares.
L’art folklorique revêt ici ses plus belles couleurs
sur les costumes des danseurs, sur les murs et aussi sur les meubles
qui sont aussi réputés dans le monde que l’or
rouge de la région, le paprika. C’est lui
qui donne son accent à la cuisine hongroise.. Le mobilier
peint fait l’objet d’une exposition très appréciée
à Harta, dans la Maison des Traditions Allemandes.
Baja ville typique des rives du Danube, proche
des forêts de crue du Parc national de Duna-Drava,
est connue pour sa célèbre soupe de poisson,
« halászlé ». Cette délicieuse
spécialité donne lieu à des concours pour sa
préparation dans de gros chaudrons qui bouillonnent en plein
air au-dessus d’un feu de bois : un spectacle des plus savoureux,
propre à vous mettre l’eau à la bouche !
Le Kiskunsag,
"la petite Coumanie"
Entre le bassin du Danube
et celui de la Tisza, la nature s’offre en grand spectacle.
Lacs et prés salés, forêts humides, pâturages
parcourus par des troupeaux de chevaux et de bœufs à
demi sauvages, dunes désertiques soumises au caprice du vent…ces
éléments composent un décor où les vedettes
sont la faune et la flore. Des espèces uniques en Europe
centrale ont élu domicile ici, les outardes, le héron
des prairies, le pluvier mais aussi des reptiles…
A l’image des colonies d’oiseaux migrateurs qui viennent
faire une halte dans cette partie particulièrement préservée
de la Hongrie, les touristes apprécient les étapes
dans d’anciennes et typiques csárdas pour participer
à des activités en pleine nature : chasse, pêche,
promenades en attelage ou stages d’équitation stimulés
par le spectacle des exploits équestres de cavaliers acrobates
dont l’école de Kiskunmajsa donne
l’un des meilleurs exemples.
Les villes rivalisent de séduction. Le plus souvent pourvues
de grandes piscines voisinant des stations thermales, elles renferment
des trésors d’architecture. L’Hôtel
de ville de Kiskunfélegyháza, centre économique
et culturel de la région, est l’un des plus beaux monuments
Art Nouveau, ou « Sécession » de Hongrie. À
Kecskemét, surnommée « la capitale
de la Puszta », et, selon un des lieder de Brahms, «
la plus jolie petite ville du monde », se mêle le parfum
des abricotiers à la beauté d’un florissant
patrimoine. l’Hôtel de ville, et le «
Palais Paré », bâtiments construits
dans ce même style, sont des chefs-d’œuvre, l’un
de l’architecte Ödön Lechner, l’autre de son
élève Géza Márkus. La grande place de
cette cité est un vrai jardin qu’entourent de remarquables
églises de toutes confessions et sur lequel donne ce même
Hôtel de ville. dont le carillon est connu pour être
l’œuvre du célèbre compositeur né
ici, Zoltán Kodály.
Les traditions artisanales sont ici magnifiquement représentées
à l’intérieur du Musée d’Artisanat
folklorique hongrois : sculpture sur bois, poterie, tissage
et création de ces merveilles qui sont la spécialité
du « pays de la dentelle », nom donné
à la ville de Kiskunhalas. Nappes, napperons,
vêtements entièrement faits à la main rivalisent
avec les dentelles de Bruxelles où elles ont même remporté
le grand prix, lors de l’Exposition universelle.
Non loin du grand lac Vadkerti et de ses plages,
Kiskörös peut s’enorgueillir d’abriter
la maison natale de Sándor Petofi, le poète
révolutionnaire le plus admiré en Hongrie et Bugac
d’être au cœur de l’un des plus beaux sites
naturels de Hongrie.
Les rives de la Tisza
Si la région en aval du barrage de Kisköre paraît
si souriante aujourd’hui, c’est peut-être parce
qu’elle semble avoir définitivement triomphé
des menaces du passé. Non content de lui avoir infligé
les caprices des crues ravageuses de la Tisza inondant terres et
villes riveraines, le destin l’a placée sur le passage
des Huns, des Mongols et des Turcs provoquant des guerres dévastatrices.
Cependant, à côté et parfois même au sein
des villes dont la plupart ont été reconstruites du
temps des Habsbourg, la découverte de vieux villages et d’anciens
quartiers nous plonge dans un lointain Moyen-âge. Ainsi,
Csongrád, au confluent de la Tisza et du Körös,
en même temps qu’une vieille cité de pêcheurs
et une station balnéaire réputée, est la seule
localité de la Grande Plaine à avoir conservé
sa structure médiévale à un
ensemble de ruelles et de bâtiments constituant «
la ville intérieure ». c’est la même volonté
de préserver le
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passé que l’on retrouve à Ópusztaszer
où un musée-village
réunit tous les aspects des anciennes fermes et maisons
typiques de la Grande Plaine. Cette ville a d’ailleurs une
mission historique : son Parc Commémoratif National,
vestiges datant du 9e S. à l’appui, que c’est
à cet endroit que les tribus magyares se réunirent
après la conquête de 896, pour définir les premières
lois à l’origine du nouveau royaume. Peint par Árpád
Feszty pour l’Exposition Universelle de l’année
du millénaire, est exposé ici l’immense
tableau panoramique long de 15 m, évoquant avec un réalisme
saisissant, tel un long plan cinématographique, l’arrivée
des conquérants.
Dans l’écrin des forêts qui l’abritent,
Szeged la 4e ville de Hongrie brille des rayons
du soleil - le plus fort taux d’ensoleillement du pays-
et de tout l’éclat d’une vie culturelle intense.
Complètement dévastée par la crue dramatique
de 1879 elle a bénéficié de l’aide des
grandes nations pour une restauration dont la réussite peut
être qualifiée de grandiose. Son immense cathédrale
votive de style néo-roman, sert de décor
somptueux au festival d’été qui réunit
jusqu’à 6 000 personnes sur son parvis. Premier miracle
engendré par sa construction, la découverte sur le
lieu de ses fondations de la Tour Saint Démétrius
dont l’origine remonte aux 12e S. La Synagogue
est considérée comme l’une des plus belles du
pays, tout comme l’église serbe orthodoxe
construite avant 1778 en style baroque et dont la magnifique
iconostase fait référence en Hongrie.
Les deux bâtiments de l’Hôtel de ville,
reliés par un délicat « Pont des soupirs »,
et agrandi par le maître de l’Art nouveau Ödön
Lechner a survécu aux inondations. Préservée
aussi, l’église de la Ville basse achevée
en 1503 est un exemple de pur style gothique sur les fondations
d’un sanctuaire roman datant des Árpád.
La « ville des palais » est aussi un lieu de vacances
à l’atmosphère méditerranéenne
avec des parcs, des plages, des piscines pour offrir aux touristes
une douceur de vivre propre à la région.
La Vallée
du Maros
et des KÖrös
Ces rivières et leurs innombrables bras morts dessinent la
physionomie de cette région qui alterne forêts de crue
et étendues de plaines caractéristiques de la Puszta.
Ici s’offre un vrai bain de nature et de bien-être à
ses visiteurs, que ceux-ci soient humains ou qu’ils appartiennent
aux espèces animales les plus variées. Les daims,
les sangliers, les lièvres, les renards…sont les hôtes
privilégiés de la Réserve Naturelle
de Makó-Landor. La réserve de Dévaványa
est la préférée des outardes qui voisinent
avec d’innombrables espèces d’oiseaux. Le Parc
national Koros-Maros semble, entre autres, très
apprécié de la loutre, particulièrement protégée
en Europe. Près de Szabadkigyós,
une faune abondante profite d’un décor naturel et sauvage
dont la beauté est encore rehaussée par le fastueux
château Wenkheim tout proche.
Le Lac Blanc, près de Kardoskút,
accueille les oiseaux migrateurs, les cigognes, les grues, les oies
sauvages, et assure en milieu salin un lieu de nidification d’importance
vitale pour toute l’Europe.
Quant aux humains que nous sommes, ces terres offrent, en même
temps qu’un spectacle des plus captivants, des ressources
pour le corps et l’esprit. La chasse, la pêche, les
plaisirs de l’eau, la baignade ou la cure thermale sont au
rendez-vous à chacune des étapes proposées
aux voyageurs. Quant aux villes, elles se sont enrichies d’un
passé folklorique, culturel et architectural qu’elles
ne demandent qu’à partager.
Gyula a vu son sort attaché depuis à
celui de son château fort médiéval
en brique. Construit sur le bord du Körös Blanc au début
du 15e S., il est passé sous le contrôle des Ottomans
pendant 150 ans et en est sorti intact, ce qui en fait un cas unique
en pays magyar. Aujourd'hui, ce sont les thermes paisibles
et hospitaliers du prestigieux château baroque Almási
qui accueillent le touriste en quête d’un peu de repos
- même si celui-ci ne peut résister à
l’envie de faire une entorse à son régime en
passant devant l’affriolante et célèbre pâtisserie
Százéves, admirée pour son décor
et son style rococo, inchangé depuis plus de cent ans.
Békéscsaba, attachante ville de forte
culture slovaque, rapproche ceux qu’attirent les beaux édifices
religieux dont le « Grand Temple », le plus
grand temple luthérien, en effet, du pays et ceux
qui ont gardé assez d’enfance en eux pour aller rêver
dans la Maison des Contes de fée.
À Makó se tient tous les ans le Festival International
de l’oignon dont la région est forte productrice,
ce qui est prétexte à des fêtes, manifestations
du folklore local, très réjouissantes. Cette ville
qui est aussi célèbre pour ses eaux thermales
alcalines et l’argile provenant du lit de la rivière
Maros a vu naître Joseph Pulitzer, dont la notoriété
aux États-Unis est liée au prix journalistique dont
il est le fondateur.
L’église ronde de Kiszombor, date
du 12e S. et les fresques de ses murs intérieurs ont été
peintes au 14e S. C’est l’un des plus intéressants
témoin de l’époque des Árpád.
La Grande Plaine séduit les passionnés d’art
et de traditions. Elle est aussi comme un paradis pour les amoureux
de la nature - à preuve le Jardin Botanique
de Szarvas, l’un des plus grands qui soient, - et
une aubaine pour les amateurs de sensations fortes, nautiques, équestres
et - pourquoi pas ?- gastronomiques. Les fameux bandits de grands
chemins de la puszta n’avaient -ils pas choisi pour
refuge, la csárda de Kondoros, cette accorte
auberge du 18e S., qui vous accueille, aujourd’hui, en tout
bien tout honneur?
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