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| La
ville des rois magyars.
Nous sommes en 1242 : les Mongols viennent
de ravager le pays conquis par les Magyars en 896. Le roi Béla
IV choisit d’établir sa capitale sur les hauteurs de
la colline de Buda pour mieux prévenir une nouvelle attaque.
A partir de 1298, c’est à Pest que se tiennent les
sessions du parlement. Aux environs de 1430, le roi Sigismond fait
construire sa résidence à Buda. La ville acquiert
un rayonnement atteignant son apogée pendant la Renaissance,
avec Mathias Corvin, dont le règne fut des plus brillants.
Buda devient « Budun »,
sous domination ottomane.
Sa mort, en 1490, marque le début
d’une période de déclin et en 1526, c’est
le désastre de Mohács, les Turcs anéantissant
l’armée magyare. Pendant plus de 150 ans ils occupent
le pays. A Buda, la création d’un ensemble de bains
publics exploitant les nombreuses sources thermales, déjà
autrefois appréciées par les Romains, reste encore
le signe le plus manifeste de leur présence.
La tutelle des Habsbourg…
Désireux de protéger Vienne,
les Habsbourg entreprennent d’en finir avec la menace ottomane
à leur porte et reprennent Buda fin 1686, après un
siège qui laisse la capitale en ruines. Buda et Pest, ne
sont reconstruites qu’au milieu du 18e S., en partie grâce
à l’initiative de l’impératrice Marie-Thérèse
d’Autriche. Sous le règne de son fils, qui lui succède,
l’Empereur Joseph II, le transfert de l’université
de Buda à Pest en 1785, fait de cette dernière un
centre culturel et commercial dont l’importance ne cesse de
grandir. Mais ce souverain pourtant tolérant a le tort d’imposer
l’allemand comme langue officielle, ce qui du même coup
encourage le nationalisme des Hongrois depuis toujours attachés
à la spécificité de leur culture. Ce patriotisme
est incarné en la personne du Comte Széchenyi. Sa
fortune, il la met au service de son pays pour l’engager sur
la voie de la révolution industrielle et ainsi favoriser
son émancipation. C’est lui qui fait construire entre
1848 et 1849 le Pont des Chaînes (Lánchid), le premier
pont entre Buda et Pest. Mais en 1849, avec le renfort de troupes
envoyées par la Russie, l’Autriche
étouffe l’insurrection des Hongrois en lutte pour l’indépendance
de leur pays.
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Aujourd’hui, la Citadelle édifiée à Buda
sur le mont Gellért par les Autrichiens pour mieux surveiller
la capitale rappelle l’époque de répression
et de terreur qui s’ensuivit.
…et la «double-monarchie» austro-hongroise.
Cependant, en 1859, les revers militaires
de l’Autriche face à la France et l’Italie incitent
l’empereur François-Joseph à signer un compromis
qui accorde au peuple hongrois le droit de former son propre gouvernement.
Il se fait aussi couronner roi de Hongrie en l’église
Mathias à Buda en 1867. C’est le début de l’ère
de « la monarchie double », période de prospérité
à laquelle est associée la naissance de l’actuelle
Budapest. Car c’est en 1873 qu’est décidée
l’unification de Buda, Pest et Obuda, cette dernière
construite sur l’emplacement de l’antique Aquincum romaine
.
L’éclat des fêtes du Millénaire en 1896,
célébrant la conquête de la Hongrie par les
7 tribus magyares, marquent l’apogée du développement
de la capitale en même temps que la vivacité du sentiment
national.
L’enrôlement dans les guerres mondiales et le communisme.
Mais, bientôt, prise en tenaille entre les belligérants
des deux guerres mondiales, démantelée et isolée
à la suite de l’humiliant traité de Trianon
qui sanctionne la défaite germano-austro-hongroise en 1918,
la Hongrie se voit contrainte à payer le prix fort de la
montée du nazisme puis du stalinisme. En 1945, la ville est
presque entièrement détruite par les combats entre
les Allemands et l’Armée rouge, ses ponts dynamités.
En 1956, Budapest symbolise aux yeux du monde l’héroïsme
d’une révolution aussitôt écrasée
par le Kremlin.
L’indépendance retrouvée
Il faut attendre 1991, avec la fin du Pacte de Varsovie et le départ
des soldats soviétiques pour qu’enfin l’ex-République
populaire de Hongrie recouvre son entière indépendance.
Aujourd’hui, restaurée, animée d’une vie
économique et intellectuelle intense, héritière
d’un passé intégrant harmonieusement les influences
de l’Orient et de l’Occident, Budapest , la «
Perle du Danube », est de nouveau l’une des plus belles
villes d’Europe et sûrement la plus romantique.
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